835 g de trop, ce que ma réduction mammaire m’a appris.

Aujourd’hui, j’ai décidé d’aborder un sujet, un brin « intime », écrire comme une thérapie. Mon article n’a qu’un but thérapeutique. Toutefois,  si certaines femmes s’y retrouvent, je serai alors ravie d’avoir partagé cette expérience qui n’a pas changé  ma vie mais qui l’améliorera certainement.

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Si vous suivez mes stories sur Instagram, vous avez dû lire, il y a quelques jours,  mon angoisse à l’idée de passer pour la première fois 48 heures loin de mes enfants. J’étais d’une part dérangée par l’idée de ne pas pouvoir les embrasser deux soirs consécutifs et je savais que leurs interminables histoires pour me retenir  avant le coucher (que j’écoute malgré moi) me manqueraient énormément. D’autre part, je vivais une dualité entre mon besoin de résorber ce qui était devenu pour moi un problème depuis mon adolescence, que je camouflais à souhait et cette peur de ne jamais revenir auprès de mes enfants (l’africain qui me lit actuellement sait que chez nous, il est préférable de prévoir son testament avant de subir une anesthésie générale. J’exagère un peu, vous l’aurez compris). Et pourtant j’en ai 6 à mon acquis, mais celle –ci est la première depuis que je suis  maman et il s’agit d’un mal avec lequel je pouvais continuer de vivre. Je prenais un risque. Il ne fallait pas se louper, mes enfants ont encore besoin de moi.

Et puis, je me suis dit qu’ ils avaient également besoin d’une maman en pleine santé, qui a moins mal au dos du haut de ses 35 ans, qui n’a plus le sternum qui craque, qui arrête de se torturer à serrer au maximum son soutien-gorge au point d’avoir constamment des blessures aux épaules,  une maman qui ne se tient plus courbée, une qui fait du sport sans être gênée, une qui ne cherche pas constamment à développer des stratégies de camouflage (stratégie apprise déjà à l’âge de 14 ans où l’on me disait bonjour en me regardant la poitrine plus tôt que dans les yeux), une maman qui choisit librement ses sous-vêtements sans se contenter de ce que les marques réservaient aux grands bonnets. Bref, mes enfants ont aussi besoin d’une maman mieux dans sa peau. J’ai dépassé mes peurs en me souvenant qu’il y a deux ans j’avais décidé de saisir chacun de mes problèmes, de résoudre ceux que je pouvais et de laisser couler les autres. Celui –ci je pouvais le résoudre en m’informant, en faisant  le choix d’un bon chirurgien et en prenant les dispositions nécessaires pour que cette intervention se déroule dans les meilleures conditions. Pour le reste, tout le côté que je ne pouvais maîtriser, j’avais décidé de le confier à Dieu (en bonne croyante que je suis).

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C’est ainsi qu’il y a 20 jours, je subissais ma réduction mammaire et le retrait d’un nodule du sein gauche (une troisième fois), pas très glamour comme thème, mais assez délivrant comme acte. Cette intervention, j’y pensais depuis plusieurs années, au moins 10 ans ; un peu plus sérieusement depuis 5 ans. Et mon déclic je l’ai eu l’année dernière, lorsqu’il a fallu débourser 100 euros aux galeries Lafayette pour m’offrir le seul maillot de bain en une pièce Taille M au bonnet suffisamment large et au bon maintien. Il était bleu ce maillot, juste bleu, un bleu nuit. 100 euros pour un maillot qui est juste bleu ! J’avais le choix de militer contre toutes ces marques qui n’offraient pas beaucoup de choix à des femmes comme moi au bonnet de soutien-gorge large mais j’ai préféré en plus d’avoir une poitrine moins lourde et de résoudre les problèmes de santé qui y sont associés, m’offrir du choix dans les magasins.

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Cet acte m’a appris énormément sur mon entourage.

D’abord mon mari qui a été d’un soutien sans faille.  C’est lui qui m’a encouragé à consulter la chirurgienne, celle même qui a opéré notre amie N… il y a quelques mois.  A partir du moment où ma décision de me faire opérer avait été prise, il a compris mon angoisse, celle de ne pas revenir à la maison. Je lui ai même fait promettre de choisir une future épouse qui aimera nos enfants (si je ne revenais pas). Je lui ai laissé sur le frigo énormément de consignes, sur le plan alimentaire (parce que mon mari est un éternel freestyler en thème d’alimentation). Je lui ai rappelé les plantes dont les enfants étaient responsables. J’avais peur que tout ce que nous avons mis du temps à construire s’effondre, qu’il soit dépassé tout seul par ces enfants si énergiques. Mais il a assuré au-delà de mes attentes. Pour la première fois, il s’est occupé de nos enfants durant 48h sans moi. Il a su le faire, seul.  Durant mon séjour à la clinique, au réveil et au coucher j’avais droit à mon appel vidéo avec mes loulous qui étaient heureux. Je leur montrais mon énorme bandage et répondais à toutes les questions liées à mes seins. Il était hors de question qu’un acte aussi important pour moi ne soit pas partagé avec ceux que j’aime le plus au monde. Je les ai d’ailleurs surpris l’autre jour entrain de raconter à notre babysitter que j’avais désormais de petits seins. Je suis heureuse qu’ils le comprennent et en parlent sans détour. Mon acte est pleinement assumé. Ils font attention à moi, me demande souvent si je vais bien. Et leur comportement conforte mon idée que partager avec eux est définitivement la meilleure des choses que je pouvais faire.

Merci à ma famille, mon papa, mes frères et sœurs, mes amies, à Victoria et Natacha pour leur soutien inconditionnel.

Ma démarche n’a pas été comprise de tous. J’ai coupé court à certains débats, vous savez ceux où les dés sont pipés à l’avance. Le silence comme réponse ? Je n’en veux pas à ces personnes. Elles n’ont pas la même conception de la vie que moi, elles ne connaissent pas mon histoire, elles ont peut-être peur pour moi (j’en ai un doute).  J’ai fait un constat surprenant: celui que mon mal être n’avait pas eu d’écho auprès de ces personnes qui ont certainement perçu ma démarche comme superficielle, comme gênante, comme un caprice peut-être. C’est bien ce à quoi l’on est confronté lorsque nos maux sont invisibles pour les autres mais si handicapants pour nous. Je comprends mais je le déplore. L’empathie n’aurait-elle pas été la solution à tous ces comportements ? Oui l’empathie, cette capacité à se mettre à la place de l’autre pour ressentir ses émotions ou à minima les comprendre.

En tout cas cet acte a confirmé ma philosophie de vie, celle selon laquelle il est important de bien s’entourer pour aller de l’avant, faire toujours mieux aujourd’hui qu’hier, faire des choix clairs et s’y tenir. S’entourer des meilleurs, uniquement, de ceux qui pourront nous pousser de l’avant, nous aimer comme nous sommes, nous comprendre et nous soutenir est définitivement ma position.

Bref j’ai fait ma réduction mammaire, On m’a retiré 835 g. je suis passée d’un bonnet E /F à un bonnet C.  Et depuis, j’ai choisi le dernier tube « La même » de Maître Gim’s et Vianney comme Hymne à ma renaissance « T’es entrée dans ma vie, oh ma liberté chérie… La vie c’est des envies, l’envie avant les avis ». Le clip, les paroles me transpercent et en disent long sur notre monde, alors je veux bien le partager avec vous, juste ci-dessous. Maître Gims, Vianney, Well done !

A retenir : La réduction mammaire n’est pas à prendre à la légère, cela comporte un certain nombre de risque. Il faut s’informer, rencontrer les professionnels compétents et expérimentés, prendre du recul, être consciente des précautions à prendre avant, durant et après cette intervention. Je me tiens à disposition de toute femme voulant subir cette opération pour lui apporter mon retour d’expérience. Je suis encore en pleine convalescence, mais il semblerait que tout se soit bien déroulé pour moi.

5 commentaires sur “835 g de trop, ce que ma réduction mammaire m’a appris.

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  1. Vos paroles résonnent à fond en moi!
    Félicitations de vous être choisie, d’avoir choisi de faire passer votre bien être avant tout. En tant que femme et mère, nous sommes souvent remplies de croyances limitantes, de culpabilité inutile dont il faut savoir s’affranchir. Bravo encore à vous. Je suis passée par le même chemin il y a 3 ans, pas pour les mêmes raisons et je me sens beaucoup mieux dans ma tête et dans mon corps depuis. Le bonus, comme vous, je me suis rendue compte que papa se débrouillait très bien avec les bouts de choux sans moi et depuis, je pars régulièrement seule ou avec les copines en vadrouille, en les laissant s’en sortir comme des grands. Je vous souhaite un excellent rétablissement.

    Arlette, alias « senbalec ».
    http://www.luniversdehans.com

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    1. Merci pour votre retour. Vous savez quoi ? Je pense déjà partir avec une copine. Comme quoi, avoir osé a été pour nous bénéfique sur tous les plans. Je suis contente pour vous, que vous vous épanouissez après le chemin parcouru. A bientôt;

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  2. Bravo pour le naturel, la simplicité et la sincérité de ton article. Merci d’avoir aborder la notion de l’empathie, ayant parlé des émotions précédemment, cela me permet de faire une parallèle. Effectivement il faut parler des émotions, apprendre aux enfants dès le plus jeune âge à exprimer les émotions et à savoir les reconnaitre chez les autres.
    je te remercie d’user de ton précieux temps pour entretenir ce canal de partage.

    Aimé par 2 personnes

    1. Merci pour ton commentaire Vicky. Je suis extrêmement convaincue que l’empathie est la clé pour une communication non violente. J’avoue l’exercice peut s’avérer difficile si on en a jamais entendu parler. D’où l’importance selon moi de sensibiliser nos enfants et effectivement leur parler des émotions est un des outils qui peut nous accompagner. A très vite.

      Aimé par 1 personne

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